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Transmission-Reprise

Transmission-Reprise : un défi pour l’entrepreneur, un enjeu pour l’emploi

Veille économique - 29/07/2015

En 2012, plus de 13 000 emplois ont été perdus en France en raison de la fermeture de PME, faute de repreneurs. Un constat alarmant relevé par Fanny Dombre Coste, députée de l’Hérault, à l’occasion de la mission qui lui a été confiée par le Premier ministre sur la cession-reprise et le développement de mécanismes privilégiant la reprise en interne. 

Observant que ce mode de transmission accroît les chances de pérenniser l’activité de l’entreprise sur le territoire et de maintenir l’emploi local, les CCI se sont pleinement associées à ces travaux parlementaires.

Que les entreprises se transmettent de façon professionnelle et sécurisée représente donc un enjeu de taille pour l’économie et l’emploi de notre pays. Or, un certain nombre de freins persistent et sont à l’origine de la fermeture d’entreprises saines. 

Des freins psychologiques d’abord, car l’étape de la cession-transmission dans la vie d’une entreprise reste trop souvent sous-estimée. Des freins économiques ensuite, lorsqu’une inadéquation persistante entre l’offre et la demande est à déplorer. Parce qu’elles accompagnent les entreprises depuis 30 ans pour anticiper leur transmission et faire de cette étape clé une réussite, les CCI de France veulent apporter des solutions concrètes et avancent cinq propositions pour lever les freins à la cessionreprise :

  • créer une équipe de France de la cession-reprise en s’appuyant sur le Réseau Transmettre et Reprendre (partenaires : APCE ; APCMA ; Bpifrance ; le réseau des CCI ; CNB ; CSN ; CSOEC) et orchestrer des actions de communication pour faire changer le regard sur la cession d’entreprise,
  • former les repreneurs au métier de chef d’entreprise, au leadership et à la stratégie,
  • développer le financement participatif sur la reprise d’entreprise et créer un plan épargne-cession,
  • créer un Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise (NACRE) Cession et un NACRE Croissance externe avec un formalisme simplifié,
  • corriger les inégalités fiscales entre la vente de la résidence principale et la vente de l’entreprise.

Fortes de leur expérience et de leur réseau national, les CCI cassent les idées reçues sur la cession-reprise, aident les cédants et repreneurs à monter et à financer leur projet, les orientent et les forment. Les offres et outils présentés dans ce document témoignent de ce rôle.

Prendre conscience de l’enjeu

Bien que céder son affaire ne s’improvise pas, seuls 44 % des dirigeants-cédants déclarent avoir anticipé leur transmission, alors même qu’un quart d’entre eux désirent céder dans un délai maximum d’un an (Enquête réalisée par CCI France entre 2009 et 2014). Près de 40 % pensent par ailleurs ne rencontrer aucune difficulté au cours du processus de vente.

Pour confronter les cédants et les repreneurs à la réalité et les inciter à se poser les questions indispensables avant même d’entamer des démarches, les CCI sensibilisent 161 000 cédants et 32 000 repreneurs chaque année.

Grâce à une série de guides pratiques, les 300 conseillers du réseau des CCI préparent les cédants et repreneurs à bien appréhender tous les rouages de leur démarche et les alertent sur les risques d’un projet mal ficelé.

Se poser les bonnes questions

  • L’entrepreneur a-t-il correctement anticipé la cession de son entreprise ?
  • Est-il prêt à passer le témoin, quand, à qui, à quel prix ?
  • Un projet de reprise est-il motivé par un réel objectif professionnel ?
  • Le repreneur est-il préparé à endosser les responsabilités d’un dirigeant d’entreprise ?
  • Qu’en est-il de son entourage ?

Bien ficeler son projet grâce au diagnostic et à l’évaluation

Une cession qui n’aboutit pas est la conséquence d’une entreprise inadaptée à son marché. Elle interroge donc le dirigeant quant à sa gestion du développement de son entreprise. De même, un repreneur qui ne trouve pas à se financer doit y voir le signe d’un projet estimé trop incertain, sans vision ou sans cohérence avec les besoins du marché.

Afin d’aider cédant comme repreneur à évaluer le potentiel de l’entreprise, mais également à identifier d’éventuels points bloquants, les CCI proposent un diagnostic efficace et rapide : e-ccidiag. 

Basé sur cinq thématiques, ce diagnostic en ligne réalisable en moins d’une heure, seul ou accompagné d’un conseiller CCI. A la demande des cédants ou repreneurs, une analyse des résultats, entièrement confidentielle, peut être proposée. Suite à l’analyse, un plan d’actions opérationnel peut alors être établi, pour vendre au meilleur prix, prendre la bonne décision d’achat, et par conséquent corriger les écarts entre l’offre et la demande. 17 500 diagnostics des besoins sont réalisés en moyenne par an.

Trouver le profil du repreneur idéal

Parce qu’il n’est pas toujours aisé de trouver chaussure à son pied, les CCI proposent d’optimiser la mise en relation entre cédants et repreneurs. Via un parcours en deux temps, les CCI assistent les cédants dans leur recherche de repreneur potentiel : profilage de leur repreneur cible puis rédaction et diffusion d’une annonce de cession sur les bourses d’opportunités d’affaires des CCI.

La plateforme TransEntreprise organise en ligne une bourse des entreprises à vendre. Utilisée par 80% des CCI, elle recense les opportunités de reprise en proposant une solution de diffusion
d’annonces de cession, et facilite la rencontre physique entre cédant et repreneurs.

Reprendre l’entreprise de son patron, ça s’apprend

Selon une étude 2013 de la direction générale du Trésor, la transmission dans le cadre familial ou dans le cadre interne de l’entreprise est un facteur favorisant le succès de l’opération. Les entreprises reprises par les salariés ont une longévité supérieure de 11 % à 19 % aux entreprises reprises par un tiers (hors cas de reprise familiale). 

Malgré ces tendances encourageantes, prendre la pleine mesure du métier de chef d’entreprise n’est pas chose naturelle, surtout lorsque l’on a toujours été salarié. Pour aider de potentiels repreneurs en interne à se former à ces nouvelles responsabilités entreprenariales, la CCI de la Mayenne a créé, en 1987 à Laval, « l’École des Managers ». Aujourd’hui, cette formation est
personnalisée et adaptable selon le profil et l’état d’avancement du projet du repreneur. Elle s’effectue en alternance sur une durée de 14 à 16 mois.

L’École des Managers a quatre objectifs :

  • définir son projet entrepreneurial
  • mettre en oeuvre son plan d’actions en choisissant des outils de pilotage adaptés
  • faire partager sa vision auprès de ses collaborateurs
  • devenir un chef d’entreprise

Trouver l’aide dont on a besoin

3000 aides sont, en France, dédiées aux entrepreneurs : aides sociales, aides fiscales, aides en matière d’information et d’accompagnement, aides financières… 

En quelques clics, le moteur de recherche les-aides.fr, conçu par les CCI de France, guide les candidats à la reprise à travers ce référentiel exhaustif, et sélectionne les dispositifs adaptés aux problématiques du repreneur. Un décryptage indispensable pour simplifier la vie des futurs chefs d’entreprise.