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Résultats de l’enquête sur l’état de l’entrepreneuriat français, relance économique et vaccination

Résultats de l’enquête sur l’état de l’entrepreneuriat français, relance économique et vaccination

Etudes - 12/03/2021

L'Observatoire Amarok et le Labex Entreprendre ont mené une vaste enquête nationale pour mesurer les impacts de la crise actuelle du COVID-19 auprès des dirigeants de PME. Près de 1100 chefs d'entreprises ont répondu à cette 2ème enquête avec en conclusion que ce n’est plus le travail en lui-même qui est épuisant mais la crainte de ne pouvoir bien travailler (empêchement) ou de ne plus travailler (dépôt de bilan) qui épuise le plus les chefs d’entreprise.

L'épuisement professionnel (burnout) est une menace pour toute profession. Les dirigeants de PME n’échappent pas à ce phénomène.

En outre, la crise de Covid-19 peut présenter des risques supplémentaires pour les entrepreneurs (dirigeants et propriétaires d'entreprise), d’autant plus que cette population est plus âgée et travaille plus longtemps que les salariés et qu’elle est plus sensible à l’économie du fait de son engagement patrimonial.

Dans ce rapport, il est étudié les niveaux d'épuisement professionnel (burnout) des entrepreneurs français diffèrent de ceux d'avant la crise. A l’aide d’un échantillon représentatif des chefs d’entreprise en France constitué en mars 2019, des comparaisons sont faites avec un échantillon construit en avril 2020 et un autre en janvier/février 2021.

 

Nous constatons que le niveau de l’épuisement professionnel s’est significativement accru et que la nature de l’épuisement s’est transformée pendant le confinement. L’épuisement habituel lié à une suractivité a muté en un épuisement d’empêchement où les sentiments d’impuissance et d’être coincé prennent le pas sur la déception et la lassitude.

Se pose alors la question de la persistance de ce syndrome d’empêchement et tout particulièrement du sentiment d’impuissance répétée. La théorie de l’impuissance acquise de Seligman montre qu’un sentiment d’impuissance répétée peut altérer la capacité d’initiative future d’un individu. En s’appuyant sur le concept de vigilance entrepreneuriale, les auteurs de ce rapport montrent que le sentiment d’impuissance joue de manière modérée mais réelle sur la vigilance entrepreneuriale.

De plus, l'étude des niveaux d'épuisement professionnel des entrepreneurs français pendant la crise de Covid-19 dépendent de leur perception de déposer le bilan de leur entreprise lié à la crise économique, de la menace de tomber gravement malade liée à la crise sanitaire ou d’une dégradation de la satisfaction de la vie lié à l’état de confinement généralisé. C'est dans un modèle qui tient compte des effets de nombreux phénomènes qui dans d’autres études se sont révélés être liés aux niveaux de burnout - tels que la solitude, le sexe, l'âge, le niveau d’éducation, etc.

 

Si chaque risque contribue au niveau de burnout, c’est le risque de dépôt de bilan qui est le plus important.

En conclusion, les résultats montrent que ce n’est plus le travail en lui-même qui est épuisant mais la crainte de ne pouvoir bien travailler (empêchement) ou de ne plus travailler (dépôt de bilan) qui épuise le plus les chefs d’entreprise.

 

Les points clés de l’état de santé des chefs d’entreprises

  • Un niveau d’épuisement élevé jamais observé
  • Une fatigue élevée à un niveau record
  • L’émergence inédite d’un syndrome d’empêchement, mis en évidence lors du premier confinement, persiste, surtout à cause du niveau élevé du sentiment d’impuissance
  • Le sentiment d’impuissance est associée à une vigilance entrepreneuriale atrophiée
  • Une propension à la vaccination qui est fonction de l’âge, de la probabilité de maladie grave, de l’engagement patrimonial et de la responsabilité sociale en termes d’emplois

 

De la "main tendue" à la "main saisie"

Les numéros verts à destination des entrepreneurs sont une main tendue à celles et ceux qui sont en difficulté.

A la suite du premier confinement, l’Observatoire Amarok a mis en place une cellule d’écoute avec numéro vert avec la Fédération Française du Bâtiment (FFB), l’Ordre des Experts-Comptables, les Chambres de Commerce et d'Industrie, les Chambres de Métiers et de l'Artisanat, les Chambres d’agriculture et des services de santé au travail (AIPALS, AMETRA, T2ST, SIST 11, ASTIA, CIAMT…).

Dans la région Occitanie, l’initiative OSE (Occitanie Soutien aux Entrepreneurs), financée par la Région et la DIRECCTE, s’est associée au Portail du Rebond (SOS Entrepreneurs, Re-créer, Second Souffle, 60 000 Rebonds, Apesa, Observatoire Amarok) pour apporter une aide d’accompagnement et d’écoute aux dirigeants en difficultés. De même, au niveau national, un numéro vert a été ouvert par le ministère, avec l’appui du réseau APESA. En savoir plus

Olivier TORRÈS se fait aussi l'écho de la création d'une cellule d'écoute psychologique et de soutien destinée aux chefs d'entreprises et créée par la CCI Hérault avec l'Observatoire Amarok.

 

 

Voici quelques éléments de l'enquête conduite par Olivier TORRÈS, Professeur (Université de Montpellier & Montpellier Business School) et Président fondateur de l' Observatoire Amarok et son équipe constituée d’Alexandre BENZARI, Montpellier Business School, Christian FISCH, Trier University (Allemagne) and Erasmus University Rotterdam (Pays Bas), Florence GUILIANI, Université de Sherbrooke (Canada), Jinia MUKERJEE, Montpellier Business School, Abdelaziz SWALHI, Université de Montpellier - MOMA, Roy THURIK, Université de Rotterdam (Pays Bas) et Montpellier Business School.