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Aéroport Montpellier Méditerranée

L’Aéroport Montpellier Méditerranée prêt à gagner 1 million de passagers en 5 ans

Transport - 05/04/2016

C’est un moment historique que l’Aéroport Montpellier Méditerranée (AMM) a vécu ce lundi 4 avril 2016. Il se prépare à un développement inédit, grâce à son plan stratégique « Destination 2020 ». Un doublement du nombre de ses destinations (de 27 actuellement à 53 en 2020), lui fera gagner 1 million de passagers.

La relation entre une compagnie aérienne et un aéroports’établit selon deux critères essentiels : le potentiel commercial d’une liaison ; le coût de "touchée" dont s’acquittent les compagnies. Le contexte concurrentiel est extrêmement tendu : en Europe, 450 aéroports toutes tailles confondues courtisent moins d’une dizaine de compagnies traditionnelles ou low cost aptes à générer un développement significatif.

Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, l’aéroportuaire représente en 2015 un peu plus de 2,7 millions de passagers (1,5M à Montpellier ; environ 400 000 à Carcassonne et Perpignan ; 245 000 à Béziers ; 200 000 à Nîmes). Soit une légère baisse de 0,7% sur 15 ans, quand dans la même période la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur gagnait 40% et Midi-Pyrénées 25%.

Une étude commandée par la Région Languedoc-Roussillon en 2014 au cabinet Bipe montre que les retombées économiques à l’échelon régional avoisinent les 800 M€, dont plus de 400M€ en provenance de Montpellier Méditerranée. Globalement, cette même étude met en avant que1000 passagers créent 4 emplois (1 direct, 2 indirects et 1 induit).

Aujourd’hui, plusieurs mouvements de fond conduisent à une remise en question du modèle d’exploitation aéroportuaire qui prévalait jusque-là en France :

  • la raréfaction de la ressource publique
  • la réforme territoriale
  • les nouvelles stratégies d’implantation et de développement des compagnies low cost en Europe, lesquelles quittent progressivement les petites et moyennes plateformes pour aller vers les plus importantes (exemple : Ryanair qui, au profit de Barcelone, s’est massivement désengagé de Gérone lui faisant perdre 3,5 millions de passagers).

Dans ce contexte global, l’Aéroport Montpellier Méditerranée, fort d’une situation financière extrêmement saine, se sait apte à générer un réel développement. Mais il souhaite aller plus vite et plus loin que son évolution naturelle permettrait.

En effet, seule une croissance significative et rapide lui fera passer un seuil critique et l’éloignera de sa zone de vulnérabilité (face notamment à la concurrence de l’Aéroport de Marseille), en gagnant en compétitivité et en attractivité par effet de volumes.

Tel est l’argumentaire que le Président du Directoire d’Aéroport Montpellier Méditerranée, Emmanuel Brehmer, a développé ce lundi 4 avril 2016 devant le Conseil de Surveillance, présidé par Pierre Vieu.

Ce plan stratégique de développement, baptisé "Destination 2020" et finalisé à l’issue d’une expertise poussée, était de la sorte dévoilé aux représentants des actionnaires d’Aéroport Montpellier Méditerranée (60% Etat, 25% CCI, 15% collectivités). Lesquels ont approuvé à l’unanimité les moyens et les objectifs de "Destination 2020" : atteindre en 5 ans un trafic annuel supérieur à 2,5 millions de passagers en proposant un réseau de 53 destinations (contre 27 aujourd’hui).

Sur 5 ans, Aéroport Montpellier Méditerranée investira 14 M€ et les collectivités 23M€.

En vertu des ratios et mécanismes utilisés par le Bipe, ce gain de 1 million de passagers générera d’ici à 2020 la création de 4000 emplois, nouveaux et non délocalisables, et 200M€ de retombées économiques annuelles supplémentaires sur notre territoire. D’ici à la prochaine séance du Conseil de Surveillance d’Aéroport Montpellier Méditerranée, prévue en juin 2016, il s’agira de définir les modalités et la configuration la meilleure pour que "Destination 2020" entre en phase active et concrète.